Un « changement de cap » vert : comment les bateaux électriques et à hydrogène façonnent l'avenir du transport maritime
Découvrez comment les villes d'Europe révolutionnent le transport maritime avec des ferries électriques et à hydrogène à zéro émission. Informez-vous sur le Medstraum norvégien, les Seabubbles volants français et le virage durable de la mobilité urbaine.
Mettre les voiles vers un avenir zéro émissionLe monde de la mobilité urbaine connaît un changement de cap alors que l'industrie européenne des ferries prend des mesures audacieuses vers un avenir durable. L'essor des navires électriques et à hydrogène marque une transition majeure loin des combustibles fossiles, en particulier dans les villes où la congestion, la pollution atmosphérique et les émissions de gaz à effet de serre augmentent.À Stavanger, en Norvège, le ferry Medstraum devrait devenir le premier navire à grande vitesse au monde à fonctionner entièrement à l'énergie électrique. Ce ferry innovant, qui remplacera un bateau diesel desservant actuellement les îles environnantes, s'inscrit dans un effort plus large en faveur du transport maritime à zéro émission.Comme le déclare Mikal Dahle, chef de projet chez Kolumbus AS à Stavanger et coordinateur du projet TrAM, « Nous finalisons actuellement le navire et le préparons pour l'exploitation. C'est un moment passionnant pour le transport maritime durable. »Principaux enseignements (lecture rapide)Le Medstraum devrait être le premier ferry à grande vitesse à propulsion électrique, remplaçant un navire diesel à Stavanger, en Norvège.Le projet TrAM vise à créer des navires à zéro émission modulaires, abordables et durables.L'UE vise à réduire les émissions liées aux transports de 90 % d'ici 2050, et l'industrie des ferries à zéro émission est un élément clé de cet objectif.Les taxis aquatiques Seabubbles à hydrogène offrent une autre solution de transport durable avec zéro émission et une technologie innovante d'hydroptère.Émissions liées aux transports : un défi majeur pour les villes européennesDans l'Union européenne, les transports représentent environ 25 % des émissions totales de gaz à effet de serre et constituent la principale source de pollution atmosphérique dans les zones urbaines. La congestion routière est également un problème coûteux, avec une perte estimée à 110 milliards d'euros par an en raison des retards et des inefficacités. Pourtant, de nombreuses zones urbaines dépendent encore largement des routes pour le transport.Les voies navigables, cependant, restent une ressource sous-utilisée. Comme le souligne Virginie Seurat, vice-présidente de Seabubbles, « Les voies navigables sont pour l'instant sous-utilisées et pourraient constituer une excellente alternative. »La clé pour réduire les émissions liées aux transports est d'explorer des modes de transport alternatifs et plus propres qui ne dépendent pas des combustibles fossiles. L'introduction de ferries à zéro émission et de bateaux à hydrogène est cruciale pour atteindre l'objectif ambitieux de l'UE de réduire les émissions des transports de 90 % d'ici 2050.Repenser la conception et la production de navires à zéro émissionLe projet TrAM adopte une nouvelle approche pour concevoir et produire des navires électriques à zéro émission pour les eaux côtières et les voies navigables intérieures. Mikal Dahle et son équipe s'attaquent au défi des coûts de production élevés, qui rendent souvent les bateaux électriques plus chers à construire que leurs homologues à combustibles fossiles.Pour rendre ces navires plus abordables, l'équipe est pionnière dans une approche de conception modulaire, où les différents composants du bateau, tels que la coque, les sections passagers et les modules énergétiques, sont construits séparément puis assemblés. Cette méthode permet un assemblage efficace de nouveaux navires, réduisant considérablement les coûts de production jusqu'à 25 %.L'objectif est de rendre les navires à zéro émission accessibles à un marché plus large, permettant ainsi des investissements à grande échelle dans le transport maritime durable.Medstraum : ouvrir la voie au transport maritime durableLe ferry Medstraum est le premier navire construit selon la nouvelle approche modulaire. Conçu en aluminium léger, le ferry aura une capacité d'environ 150 passagers et pourra atteindre des vitesses allant jusqu'à 42 km/h. Le Medstraum effectuera 16 allers-retours par jour sur les voies navigables de Stavanger, et sa batterie sera rechargée à chaque escale au port.Le Medstraum devrait ouvrir la voie à des navires similaires dans d'autres villes. L'équipe de Dahle prévoit déjà d'appliquer la même conception modulaire pour développer des navires électriques supplémentaires : un pour la Tamise à Londres, et un autre pour les voies navigables intérieures en Belgique.Un bateau « volant » propulsé à l'hydrogèneEn plus des ferries électriques, Seabubbles mène la charge dans le développement de bateaux à hydrogène qui promettent de révolutionner le transport maritime urbain. L'entreprise a créé le premier engin à hydroptère à zéro émission au monde qui glisse au-dessus de la surface de l'eau grâce à des piles à combustible à hydrogène.Le taxi aquatique Seabubbles est conçu pour fonctionner à des vitesses allant jusqu'à 12 km/h, mais à des vitesses plus élevées, les hydroptères sont déployés, permettant au bateau de s'élever à 60 cm au-dessus de l'eau. Cela se traduit par une conduite douce avec une perturbation minimale des vagues et une consommation d'énergie inférieure de 35 % à celle des navires traditionnels.Comme le dit Baptiste Arribe, directeur de la stratégie de Seabubbles : « L'idée est d'offrir aux citoyens de nouvelles solutions qui constituent un pas en avant vers un mode de vie écologique. »Recharge vs ravitaillement : l'hydrogène pour les bateauxInitialement, Seabubbles prévoyait d'alimenter les bateaux en électricité à partir de panneaux solaires et d'hydroélectricité. Cependant, ils ont opté pour l'hydrogène afin d'offrir des distances de déplacement plus longues et des temps de ravitaillement plus rapides. Un réservoir d'hydrogène plein permet au bateau de fonctionner pendant environ deux heures et demie, et le ravitaillement ne prend que quelques minutes.La pile à combustible à hydrogène du bateau charge la batterie de bord pendant la croisière, fournissant une puissance supplémentaire en cas de besoin, par exemple lors de l'accélération. La technologie d'IA optimise l'utilisation de l'énergie entre la pile à combustible et la batterie, garantissant que le bateau fonctionne aussi efficacement que possible.Les premiers bateaux Seabubbles : un aperçu de l'avenir des taxis aquatiquesLes premiers bateaux Seabubbles sont en cours d'assemblage dans un chantier naval au lac d'Annecy, en France, et devraient être disponibles pour les acheteurs européens prochainement. Ces bateaux, pouvant transporter jusqu'à 12 passagers, sont idéaux pour des services privés, tels que la navette pour les clients d'hôtels le long du front de mer ou des visites écologiques dans des réserves naturelles sans perturber l'environnement.Bien que le coût reste un obstacle à une adoption généralisée, l'engagement de l'UE à soutenir le déploiement à grande échelle des technologies propres à l'hydrogène d'ici 2030 devrait accélérer le déploiement des bateaux Seabubbles. Comme l'explique Seurat : « Au début, nous avons besoin du soutien des gouvernements pour créer l'infrastructure hydrogène globale. Ensuite, tout se mettra en place. »Source et crédit :Publié à l'origine dans Horizon Magazine.Crédit image : bateau Seabubbles « volant » lors d'un essai sur le lac Léman. © Axel Phélipon.Mots-clés : ferries à zéro émission, bateaux électriques, bateaux à hydrogène, ferry Medstraum, taxi aquatique Seabubbles, transport maritime vert, mobilité durable, conception modulaire de bateaux, engins à hydroptère, émissions des transports de l'UE